23 novembre 2007
ZULU
Du haut de sa falaise
Le forgeron divin récite
Des incantations à son aise.
J’appelle la providence illicite
Pour peaufiner ma terre glaise.
Une bénédiction s’invite
Pour soigner le malaise.
Forge sa chair anthracite
Comme on choie un butin.
Penché sur ma zouloue
Je médite dans son bain,
Pénètre son corps comme un fou,
Absorbe ses sensuels refrains.
Ton cœur bat dans tes tempes,
C’est l’appel du rythme africain,
Vers les cieux tu rampes
Pour que vole ton sang incertain.
Zulu allume la surréaliste lampe
Et disparaît dans mes grandes mains.
LE GORILLE INCONNU
Braconniers ! Gibiers ! Visez ! Tirez !
Il était avec sa famille chez lui
On a frappé à sa vaste porte
Ils ont craintivement rugi
On a souillé ses mottes
Il a familièrement réagi
On les a destiné à être une race morte
Ils ont eux aussi failli
On a décampé dans nos sanglantes bottes.
01 août 2007
LE CHARMANT RÊVEUR
Je quitte ma mystérieuse lisière,
J’emporte l’amour de ton sourire.
Le regard doublé vers l’arrière
Tu m’observes affectueusement partir,
Enlevé par l’éternelle première
Qui détient la clef de mon rire,
Rencontrer le pouvoir des pères
De la patrie des saphirs,
Leur portant mes passionnelles chimères,
Pour demain m’endormir
Dans le cœur de mes prières
Réaliser mes créatures du désir.
Je vous créerai ma terre, mon univers
Si vous me donnez un peu de votre ciel de loisirs.
18 mai 2007
L'ÂME SILENCIEUSE
Roi des guerriers errants
Qui trace son chemin sous les cieux
En toute liberté.
Paradis et Enfer inexistants,
Je fais parti des dieux
En toute impunité.
La finalité suprême qui m’appelle
Me rapproche de mon inévitable sort
En voulant me surpasser comme elle.
Ce n’est pas moi qui décide encore,
J’attendrai un signe irréel,
Au-delà de mes limites, toucher la mort.
Mes démons agités et mortels
Seront mon remède inopiné.
Je toucherai l’extrême par mon art spirituel.
Le but que je me suis fixé
S’illuminera sous le ciel
Et vivra de mon mal inné.
Je suis aveuglé par un mirage,
Sans lumière palpitante à consumer
Pour éclaircir mes pensées en partage.
Ma quête respectée sera condamnée
Pour atteindre ma force ultime en héritage.
Les rênes de ma vie décidée seront lâchées.
à Bruce Lee et sa flûte silencieuse
L'INSOUMISE
Une fille a été rencontrée,
Une indienne hostile dans ses marécages.
Subsiste pour le condamné
Une approche dans un ermitage.
Il veut d’elle un long usage
Qui l’emplirait de gaîté.
Si elle l’acceptait dans son sillage,
Il aurait fini de la guetter.
Qu’elle l’emmène dans un nid douillé
Et l’y mette en esclavage.
Un sacrifice demandé
Pour avoir de son breuvage.
Il la sent effrayée.
Si elle voulait lui offrir son doux visage,
Elle n’en serait que plus désirée,
Et il passerait à l’abordage.
Si malgré cette déclaration dévoilée
Elle ne voulait pas de lui en mariage,
Il ne pourrait que se prosterner
En espérant un ultime sauvetage.

27 avril 2007
ARC DE CERCLE
À mon commencement
J’étais l’archange Gabriel.
J’ai accepté de renaître de mon temps
Pour les singes de l’ancien monde fusionnel
Qui s’étaient lancés dans un apprentissage inconscient.
Ces singes m’avaient endoctriné, un véritable panel.
Je ne pouvais refuser leur présent bienveillant.
J'étais embarqué dans leur cérémonie vaudou démentielle.
Ils m’ensorcelaient obstinément.
De surprenants chamans originels.
Le Capucin m’endormait tragiquement
Comme une capucine en dentelles,
Les longs cris ahurissants
Du Siamang semblaient sempiternels,
Les Macaques me noyaient en me regardant
Dans leur vivifiant lac de gel,
Le Gibbon me nourrissait tendrement
De multiples codes gestuels,
Le Colobe me révélait en gesticulant
Sous les coups sacrés des Entelles,
Le Chimpanzé m’enseignait inlassablement
L’essence des créations plurielles,
Le Drill m'envoûtait prudemment
Dans un strident chant solennel,
Le Gorille me regardait en priant
Pour transformer mon corps irréel,
Le Gélada me brouillait les sens revitalisant
Quand mes yeux s’emportaient dans le ciel,
Les Mangabeys me plongeaient dans un étang
D’où coulait gloutonnement du miel,
L’Orang-outan qui me façonnait fermement
Pensait devenir mon modèle.
Toutes mes nuits étaient enfreintes violemment,
Je m’agrippais aux branches frêles,
C’était des excités du nez sautillant
Qui m’élevaient en supérieur sur leur autel,
J’étais devenu leur enfant
Et devais leur survivre sans appel.
Par moult enchantements
Je suis devenu le Bonobo fidèle,
Celui qui avait disparu tragiquement
Dans un massacre perpétuel.
Qui rallumerai la race pour longtemps
En s’accouplant aux jouvencelles.
Je suis leur fier descendant,
L’unique archsinge de l’arc-en-ciel.
R.I.P. Bonobos 
22 avril 2007
L'INTERDITE
Une résurrection est attendue par des voisins
Aux yeux tragiquement jaunes,
Que leurs ennemis soudain
Pourraient dévisager depuis leur trône.
Les bons regards sont grandement éteints
Face aux effroyables icônes.
Tu m’apparais enfin
Toi l’unique blanche amazone.
La beauté cachée évapore son parfum,
Cueille un magnifique fruit qu’elle prône.
Des milliers de grappes de raisins
Voilent les autochtones,
Redoutables pères spadassins
Retranchés dans la sombre faune,
Aveuglés par le poète malin,
Reçoivent la flamboyante aumône
Décernée par de preux baladins.
D’abominables ombres chauves
Sont éblouies pour leur refus malsain.
Il n’y a plus aucun fauves
Qui nous rappelleront notre chagrin.
Cet amour retrouvé nous sauve
Pour se muer sur un palanquin.
Portés vers ton inviolable alcôve
Qui enlacera nos corps divins.
Une rafale de douces roses
Pleuvent grâce à mes babouins.
Sous cette toile où se ressent l’osmose,
Montre-moi le nouveau chemin
Même s’il est anamorphose.
Maintenant on ne risque plus rien,
Un poète nu s’offre pour que tu oses.
19 avril 2007
VOL DE SINGE
Pendant que la salle est vide
Le singe enfile la toison d’or
Oublie qu’il a menti
Pour ce mince trésor,
Il se sent doublement grandi
Prêt à ne plus mordre
Pour jouer le bandit
Appelle les hauts ordres
Qu’on lui a appris,
Devient la bête du fort
Gardien cherchant les ennuis,
Ce petit singe est un condor
Il s’envole dans la nuit
Rejoindre ceux qui ont tort
Et qui se nourrissent de pluie,
Qu’elle brille sa toison d’or
Mais le vent le punit,
Le jeune singe est mort.

17 avril 2007
LA PROIE
Je suis assoupie
Tel un scorpion
Dans le corps d’une souris,
Cœur en floraison,
Dévoreuse attendrie.
Libère-moi de tes chaînes
Que je t’enlise de bisous,
En imitant l’ébène
Qui puise les bijoux,
Pour t’emmener dans mon harem.
Souris florale
Trimballe sa frimousse,
Des soupirs dans le sable,
Les pattes se poussent,
Un sourire essuie la chamade.

13 avril 2007
THEATRE DE FORTUNE
Entrez dans le théâtre de Lila
Pour voir sa vie de délices!
Elle a commencé le sacre de diva,
L’exutoire à portée des vices!
Que faites-vous là-bas ?
Venez jusqu’à son nid,
C’est la joie sous ce toit!
Rampez vers ses cris!
Quelques gouttes de Lila
Vous feront rougir de désirs!
Elle entame l’acte des doigts!
Restez à l’abri de son rire
Vous êtes son seul miroir.









