27 avril 2007
ARC DE CERCLE
À mon commencement
J’étais l’archange Gabriel.
J’ai accepté de renaître de mon temps
Pour les singes de l’ancien monde fusionnel
Qui s’étaient lancés dans un apprentissage inconscient.
Ces singes m’avaient endoctriné, un véritable panel.
Je ne pouvais refuser leur présent bienveillant.
J'étais embarqué dans leur cérémonie vaudou démentielle.
Ils m’ensorcelaient obstinément.
De surprenants chamans originels.
Le Capucin m’endormait tragiquement
Comme une capucine en dentelles,
Les longs cris ahurissants
Du Siamang semblaient sempiternels,
Les Macaques me noyaient en me regardant
Dans leur vivifiant lac de gel,
Le Gibbon me nourrissait tendrement
De multiples codes gestuels,
Le Colobe me révélait en gesticulant
Sous les coups sacrés des Entelles,
Le Chimpanzé m’enseignait inlassablement
L’essence des créations plurielles,
Le Drill m'envoûtait prudemment
Dans un strident chant solennel,
Le Gorille me regardait en priant
Pour transformer mon corps irréel,
Le Gélada me brouillait les sens revitalisant
Quand mes yeux s’emportaient dans le ciel,
Les Mangabeys me plongeaient dans un étang
D’où coulait gloutonnement du miel,
L’Orang-outan qui me façonnait fermement
Pensait devenir mon modèle.
Toutes mes nuits étaient enfreintes violemment,
Je m’agrippais aux branches frêles,
C’était des excités du nez sautillant
Qui m’élevaient en supérieur sur leur autel,
J’étais devenu leur enfant
Et devais leur survivre sans appel.
Par moult enchantements
Je suis devenu le Bonobo fidèle,
Celui qui avait disparu tragiquement
Dans un massacre perpétuel.
Qui rallumerai la race pour longtemps
En s’accouplant aux jouvencelles.
Je suis leur fier descendant,
L’unique archsinge de l’arc-en-ciel.
R.I.P. Bonobos 
22 avril 2007
L'INTERDITE
Une résurrection est attendue par des voisins
Aux yeux tragiquement jaunes,
Que leurs ennemis soudain
Pourraient dévisager depuis leur trône.
Les bons regards sont grandement éteints
Face aux effroyables icônes.
Tu m’apparais enfin
Toi l’unique blanche amazone.
La beauté cachée évapore son parfum,
Cueille un magnifique fruit qu’elle prône.
Des milliers de grappes de raisins
Voilent les autochtones,
Redoutables pères spadassins
Retranchés dans la sombre faune,
Aveuglés par le poète malin,
Reçoivent la flamboyante aumône
Décernée par de preux baladins.
D’abominables ombres chauves
Sont éblouies pour leur refus malsain.
Il n’y a plus aucun fauves
Qui nous rappelleront notre chagrin.
Cet amour retrouvé nous sauve
Pour se muer sur un palanquin.
Portés vers ton inviolable alcôve
Qui enlacera nos corps divins.
Une rafale de douces roses
Pleuvent grâce à mes babouins.
Sous cette toile où se ressent l’osmose,
Montre-moi le nouveau chemin
Même s’il est anamorphose.
Maintenant on ne risque plus rien,
Un poète nu s’offre pour que tu oses.
19 avril 2007
VOL DE SINGE
Pendant que la salle est vide
Le singe enfile la toison d’or
Oublie qu’il a menti
Pour ce mince trésor,
Il se sent doublement grandi
Prêt à ne plus mordre
Pour jouer le bandit
Appelle les hauts ordres
Qu’on lui a appris,
Devient la bête du fort
Gardien cherchant les ennuis,
Ce petit singe est un condor
Il s’envole dans la nuit
Rejoindre ceux qui ont tort
Et qui se nourrissent de pluie,
Qu’elle brille sa toison d’or
Mais le vent le punit,
Le jeune singe est mort.

18 avril 2007
Extrait du Chapitre Premier du livre PERIPLE DE L'HOMME-SINGE/LE FANTÔME DU PARADIS:
"Moi l'homme-singe Yorgo Gridel,
Ancien guerrier,
Symbole de l'immortalité,
La splendeur de toutes les races convoitées,
Mais un être insuffisamment comblé,
Je veux me reposer, repenser à ma vie, mes actes,
Devenir un autre être,
Me métamorphoser avec hâte.
Je m'enfuis pour rejoindre l'inconnu.
De ma vie damnée
Que je veux ancienne,
Je n'ai aucun regret.
Quand le sang coulait à flots
Pour flatter mon ego.
Par des doses massives inhalées
Des ennemis improbables étaient massacrés.
Ces lambeaux de chairs accrochés à moi,
Ces empalements sévères
Vécus avec effroi.
Dépendance envers ces jeux barbares.
Soulé par ces rivières d'abondances.
Aller si haut dans la violence.
Nul n'ose me défier
Devant mes faits mémorables.
Je veux oublier ces moments exécrables,
Pour me dévergonder dans un pèlerinage
Révérencieux.
Nomade qui caresse le sable pieux.
Je marche sereinement sur l'éternel
Fuyant mon passé de criminel.
Je dévore une grenouille à pleines dents.
En insatiable carnivore,
Je souille son sang.
J'arpente mon chemin vierge,
Celui de la cité invisible,
Qui cache en son sein mon nouveau cycle.
Ce trésor que j'unifierai à mon sort.
Je touche cette nouvelle terre
D'un rouge pastel au goût chimique.
Des pierres précieuses sont en lévitation
Au-dessus de ce nid.
Comme en admiration,
Je porte une poignée à ma bouche
De cette terre interdite et mystérieuse.
Immaculé vers ma destiné
Pour me confronter avec moi-même.
Des colonnes de pierres que je croise,
S'écroulent après mon passage.
J'ai vécu mon temps
Sur des terres sanglantes
Où je semais la souffrance.
Maintenant, je suis un homme libre
Qui cherche une tente
Pour respirer un air humide."

17 avril 2007
LA PROIE
Je suis assoupie
Tel un scorpion
Dans le corps d’une souris,
Cœur en floraison,
Dévoreuse attendrie.
Libère-moi de tes chaînes
Que je t’enlise de bisous,
En imitant l’ébène
Qui puise les bijoux,
Pour t’emmener dans mon harem.
Souris florale
Trimballe sa frimousse,
Des soupirs dans le sable,
Les pattes se poussent,
Un sourire essuie la chamade.

13 avril 2007
THEATRE DE FORTUNE
Entrez dans le théâtre de Lila
Pour voir sa vie de délices!
Elle a commencé le sacre de diva,
L’exutoire à portée des vices!
Que faites-vous là-bas ?
Venez jusqu’à son nid,
C’est la joie sous ce toit!
Rampez vers ses cris!
Quelques gouttes de Lila
Vous feront rougir de désirs!
Elle entame l’acte des doigts!
Restez à l’abri de son rire
Vous êtes son seul miroir.



